Jeudi 31 janvier 2008 4 31 /01 /Jan /2008 21:43
Ainsi, mes amis, me voici de retour ce jour sur la planète internet.  Il a bien fallu vivre en apnée pendant ce long mois de janvier sans poéthique, alors que les problèmes de connection liés au déménagement tardaient à se résoudre. J'ai été submergée par vos appels de détresse: "Sophie, où es-tu? Nous sommes perdues sans notre poème quotidien!" Je sais ce fut difficile. Mais me voilà aujourd'hui! Bien sûr, vous avez sûrement perdu l'habitude; c'est pourquoi je commencerai pas un poème très court vous permettant ainsi de revenir doucement au pays de la poésie.





On est complètement seul mais nous ne sommes pas complètement seuls.

                Paul de Roux, in Au jour le jour 3
Par sophie - Publié dans : P XXè - Paul de Roux - Communauté : Poé-vie
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 5 janvier 2008 6 05 /01 /Jan /2008 18:50
Devions-nous tomber d’un lieu aussi élevé, devions-nous voir notre sang sur nos propres mains pour admettre que nous ne sommes pas des anges, comme nous l’avons longtemps cru ?
Devions-nous exhiber nos parties intimes en public pour que notre vérité cesse d’être vierge ? Quels menteurs nous étions lorsque nous avions affirmé : Nous sommes l’exception !
Être crédule vis-à-vis de soi est pire que de mentir aux autres ! Être aimables envers ceux qui nous haïssent et coriaces envers ceux qui nous aiment n’est que la bassesse de l’arrogant, la suffisance du médiocre !
Ô Passé ne nous transforme pas chaque fois que nous nous éloignons de toi !
Ô Futur ne nous demande pas : Qui êtes-vous ? Que me voulez-vous ? Car nous l’ignorons nous-mêmes.
Ô Présent supporte-nous encore quelque temps, car nous ne sommes que des passants bien lourdauds !
L’identité est ce que nous léguons, non ce que nous héritons, elle est ce que nous inventons, non ce dont nous nous souvenons.
L’identité est le miroir corrompu que nous devons briser chaque fois que l’image nous plaît !
Cagoulé et armé de bravoure, il a assassiné sa mère parce qu’elle était la bonne proie à sa portée et parce que la soldate qui l’avait arrêté avait dénudé ses seins en disant : Ta mère en a-t-elle de pareils ?
N’était-ce la honte et l’obscurité, je serais allé à Gaza, sans connaître ni le chemin vers la maison du nouvel Abu Sufiân ni le nom du nouveau prophète !
Si Mahomet n’était pas le dernier des prophètes, toute clique aurait eu son prophète et tout Compagnon aurait eu sa milice !
Juin nous a séduit lors de son quarantième anniversaire. Si nous ne trouvons pas qui nous vaincra de nouveau, nous nous vaincrons nous-même, de nos propres mains, pour ne pas oublier !
Tu fixeras longtemps mes yeux, mais tu n’y trouveras pas mon regard. Il a été dérobé par un scandale !
Mon coeur ne m’appartient pas, il n’appartient à personne. Il est indépendant de moi, mais il n’est pas devenu une pierre pour autant.
Sait-il, celui qui clame " Dieu est Grand ! " au-dessus du cadavre de sa victime/son frère, qu¹il n¹est qu¹un mécréant ? Car il voit Dieu à son image : bien moins qu¹un être humain normalement constitué.
Le prisonnier qui aspire à hériter de la prison dissimule un sourire de victoire devant la caméra, mais il ne réussit pas à dompter le flux du bonheur qui s¹écoule de ses yeux, car le texte hâtif est peut-être plus puissant que le comédien.
Qu¹avons-nous besoin de narcisses puisque nous sommes des Palestiniens !
Et puisque nous ignorons la différence entre la mosquée et l’université, termes dérivés de la même racine linguistique, quel besoin avons-nous d¹un État qui s’achemine vers le même destin que les jours ?
La pancarte sur la porte du club de nuit dit : Bienvenue aux Palestiniens qui reviennent du champ de bataille. Entrée gratuite. Notre vin ne vous soûlera pas.
Je ne peux pas défendre mon droit de travailler comme cireur de chaussures sur le trottoir, car les clients auront le droit de me prendre pour un voleur de chaussures ­ c¹est ce qu’un professeur d’université m’a dit.
" L’étranger et moi contre mon cousin, mon cousin et moi contre mon frère, mon guide religieux et moi contre moi-même. ". Voici la leçon numéro 1 du nouvel enseignement d’instruction civique, donné dans les caves de l’obscurité.
Qui entrera le premier au Paradis ? Celui qui a été tué par les tirs de l¹ennemi ou celui qui est tombé sous les balles de son frère ?
Certains exégètes disent : Il se pourrait que ton ennemi soit engendré par ta propre mère !
Les fondamentalistes ne me gênent pas, ils sont croyants à leur manière. Ce sont leurs acolytes laïques qui me dérangent, de même que leurs acolytes athées qui ne croient qu¹en une seule religion : leur image à la télévision !
Il me demande : Le vigile affamé peut-il défendre une maison dont les propriétaires sont partis passer leur vacances sur la Riviera française ou italienne ? Je réponds : Non, il n¹a pas à le faire.
Il me demande : Est-ce que moi + moi = deux ? Je réponds : Toi et toi vous faites moins qu¹un être entier.
Je n¹ai pas honte de mon identité, car elle est en élaboration, j¹ai plutôt honte devant certains passages des Prolégomènes d¹Ibn Khaldoun.
Désormais, tu es un autre.


Mahmoud Darwich

 

Par sophie - Publié dans : P. Moyen Orient - Communauté : Poé-vie
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 2 janvier 2008 3 02 /01 /Jan /2008 21:20
 
Il a dévalé la colline

Ses pieds faisaient rouler des pierres
Là-haut entre les quatre murs
La sirène chantait sans joie

 
Il respirait l'odeur des arbres
Il respirait de tout son corps
La lumière l'accompagnait
Et lui faisait danser son ombre
 
Pourvu qu'ils me laissent le temps
Il sautait à travers les herbes
Il a cueilli deux feuilles jaunes
Gorgées de sève et de soleil
 
Les canons d'acier bleu crachaient
De courtes flammes de feu sec
Pourvu qu'ils me laissent le temps
Il est arrivé près de l'eau
 
Il y a plongé son visage
Il riait de joie il a bu
Pourvu qu'ils me laissent le temps
Il s'est relevé pour sauter
 
Pourvu qu'ils me laissent le temps
Une abeille de cuivre chaud
L'a foudroyé sur l'autre rive
Le sang et l'eau se sont mêlés
 
Il avait eu le temps de voir
Le temps de boire à ce ruisseau
Le temps de porter à sa bouche
Deux feuilles gorgées de soleil
 
Le temps de rire aux assassins
Le temps d'atteindre l'autre rive
Le temps de courir vers la femme.
Juste le temps de vivre.

BorisVian

Par sophie - Publié dans : Poésie XXème - Communauté : Poé-vie
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Mardi 1 janvier 2008 2 01 /01 /Jan /2008 19:36

 

Où le génie visionnaire de Victor Hugo écrivant en 1872 sur "l'Année Terrible" vient télescoper l'actualité insurrectionnelle française de 2007!  Ainsi  le poète  approche la folie de cette situation paradoxale: l'opprimé détruisant les moyens de sa propre libération. Il pose aussi la véritable question: à qui la faute? Paroles à méditer en cette nouvelle année où les poètes continueront à nous guider à travers les ombres.



Tu viens d'incendier la Bibliothèque ?

- Oui.
J'ai mis le feu là.

- Mais c'est un crime inouï !
Crime commis par toi contre toi-même, infâme !
Mais tu viens de tuer le rayon de ton âme !
C'est ton propre flambeau que tu viens de souffler !
Ce que ta rage impie et folle ose brûler,
C'est ton bien, ton trésor, ta dot, ton héritage
Le livre, hostile au maître, est à ton avantage.
Le livre a toujours pris fait et cause pour toi.
Une bibliothèque est un acte de foi
Des générations ténébreuses encore
Qui rendent dans la nuit témoignage à l'aurore.
Quoi! dans ce vénérable amas des vérités,
Dans ces chefs-d'oeuvre pleins de foudre et de clartés,
Dans ce tombeau des temps devenu répertoire,
Dans les siècles, dans l'homme antique, dans l'histoire,
Dans le passé, leçon qu'épelle l'avenir,
Dans ce qui commença pour ne jamais finir,
Dans les poètes! quoi, dans ce gouffre des bibles,
Dans le divin monceau des Eschyles terribles,
Des Homères, des jobs, debout sur l'horizon,
Dans Molière, Voltaire et Kant, dans la raison,
Tu jettes, misérable, une torche enflammée !
De tout l'esprit humain tu fais de la fumée !
As-tu donc oublié que ton libérateur,
C'est le livre ? Le livre est là sur la hauteur;
Il luit; parce qu'il brille et qu'il les illumine,
Il détruit l'échafaud, la guerre, la famine
Il parle, plus d'esclave et plus de paria.
Ouvre un livre. Platon, Milton, Beccaria.
Lis ces prophètes, Dante, ou Shakespeare, ou Corneille
L'âme immense qu'ils ont en eux, en toi s'éveille ;
Ébloui, tu te sens le même homme qu'eux tous ;
Tu deviens en lisant grave, pensif et doux ;
Tu sens dans ton esprit tous ces grands hommes croître,
Ils t'enseignent ainsi que l'aube éclaire un cloître
À mesure qu'il plonge en ton coeur plus avant,
Leur chaud rayon t'apaise et te fait plus vivant ;
Ton âme interrogée est prête à leur répondre ;
Tu te reconnais bon, puis meilleur; tu sens fondre,
Comme la neige au feu, ton orgueil, tes fureurs,
Le mal, les préjugés, les rois, les empereurs !
Car la science en l'homme arrive la première.
Puis vient la liberté. Toute cette lumière,
C'est à toi comprends donc, et c'est toi qui l'éteins !
Les buts rêvés par toi sont par le livre atteints.
Le livre en ta pensée entre, il défait en elle
Les liens que l'erreur à la vérité mêle,
Car toute conscience est un noeud gordien.
Il est ton médecin, ton guide, ton gardien.
Ta haine, il la guérit ; ta démence, il te l'ôte.
Voilà ce que tu perds, hélas, et par ta faute !
Le livre est ta richesse à toi ! c'est le savoir,
Le droit, la vérité, la vertu, le devoir,
Le progrès, la raison dissipant tout délire.
Et tu détruis cela, toi !

- Je ne sais pas lire.



Victor Hugo, in L'année Terrible
Par sophie - Publié dans : P. XIXè - Hugo - Communauté : Poé-vie
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 31 décembre 2007 1 31 /12 /Déc /2007 16:52

Pour tous les étrangers au monde dans lequel nous vivons, en cette fin d'année deux mille sept, puisqu'il nous reste les nuages:



 
" Qui aimes-tu le mieux, homme énigmatique, dis ?
Ton père, ta mère, ta sœur ou ton frère ?
- Je n'ai ni père, ni mère, ni sœur, ni frère.
- Tes amis ?
- Vous vous servez là d'une parole dont le sens m'est resté jusqu'à ce jour inconnu.
- Ta patrie ?
- J'ignore sous quelle latitude elle est située.
- La beauté ?
- Je l'aimerais volontiers, déesse et immortelle.
- L'or ?
- Je le hais comme vous haïssez Dieu.
- Eh ! Qu'aimes-tu donc, extraordinaire étranger ?
- J'aime les nuages … les nuages qui passent … là-bas … là-bas …
… les merveilleux nuages ! "


C. Baudelaire, Le spleen de Paris
 
Par sophie - Publié dans : P. XIXè - Baudelaire - Communauté : Poé-vie
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 29 décembre 2007 6 29 /12 /Déc /2007 19:12


Hälfte des Lebens


Mit gelben Birnen hänget

Und voll mit wilden Rosen

Das Land in den See,

Ihr holden Schwäne,

Und trunken von Küssen

Tunkt ihr das Haupt

Ins heilignüchterne Wasser.


Weh mir, wo nehm ich, wenn

Es Winter ist, die Blumen, und wo

Den Sonnenschein,

Und Schatten der Erde ?

Die Mauern stehn

Sprachlos und kalt, im Winde

Klirren die Fahnen.

 

Hölderlin

 

Moitié de la vie

 

De poires jaunes

Et de rosiers sauvages toute chargée

La terre est en suspens au-dessus du lac,

Ô cygnes gracieux,

Enivrés de baisers,

Vous plongez la tête

Dans la sainte sobriété de l’eau.


Ô douleur, où trouverai-je,

À l’hiver, les fleurs et où

La lumière du soleil

Et les ombres de la terre ?

Les murs se dressent

Froids et muets, dans le vent

Tintent les drapeaux.

Par sophie - Publié dans : Poésie - L Allemande - Communauté : Poé-vie
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Jeudi 27 décembre 2007 4 27 /12 /Déc /2007 17:57
La nuit dernière, pas de poème: j'étais de garde.
De ces nuits de garde où la seule chose qui nous fait tenir c'est la certitude que l'aube finira par arriver et avec elle la relève.
De ces nuits de garde qui sont d'intenses moments de solitude.
De ces nuits de garde où l'on annonce à une maman que son fils, vingt-deux ans il y a trois jour, va mourir.
De ces nuits de garde où la maman dit: "J'ai confiance, il va vivre". - "Je ne peux vous l'assurer, madame". -"Docteur, sauvez mon bébé."
De ces nuits de garde où l'on sent que la vie nous file entre les doigts sans que l'on ne puisse rien faire.
De ces nuits de garde où l'on laisse la chambre du patient tel un champ de bataille, le lit souillé de sang, de vomi, de morve et de merde.
De ces nuits de garde où l'on se sent tellement impuissant, où l'on se dit: "un autre n'aurait-il pas mieux fait?" et où l'on se répète inlassablement "ai-je vraiment fait ce qu'il fallait?"
De ces nuits de garde où une fois la bataille perdue, une autre épreuve nous attend, celle de l'annonce à la famille: "Ce n'est pas possible! Mais avez-vous vraiment tout fait? Mais essayez encore!" Ou pire, pas de mots.
De ces nuits de garde où l'on répète les mêmes phrases: "Nous avons fait le maximum" et "je vous assure qu'il n'a pas souffert."
De ces nuits de garde où les bébés ne sont pas sauvés.

Il y a des poèmes qui sont obsédants de par leur force qu'ils tiennent de leur admirable simplicité. Celui-ci est dédié à la maman de ma nuit de cauchemar qui s'est achevée ce jour pour moi et qui commence pour elle aujourd'hui . Elle était très digne avec son chapelet dans les mains, priant son Dieu qu'il lui laissse son fils. Mais il  lui a ravit; les Dieux sont parfois bien cruels.



Demain, dès l'aube

Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends.
J'irai par la forêt, j'irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.

Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.

Je ne regarderai ni l'or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
Et quand j'arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.

Victor Hugo, in Les contemplations

Par sophie - Publié dans : P. XIXè - Hugo - Communauté : Poé-vie
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 25 décembre 2007 2 25 /12 /Déc /2007 19:45

 

Le chat ouvrit les yeux,
Le soleil y entra.
Le chat ferma les yeux,
Le soleil y resta.

Voilà pourquoi, le soir,
Quand le chat se réveille,
J'aperçois dans le noir
Deux morceaux de soleil.

Maurice Carême in L'Arlequin

                                                                                                                       

Par sophie - Publié dans : Poésie - Enfance - Communauté : Poé-vie
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Dimanche 23 décembre 2007 7 23 /12 /Déc /2007 19:57


On ne voit plus de chats dans le parc.
Ont-ils trouvé un gîte? On ne le sait
pas plus qu'on ne sait si la vieille tapie
dans l'entrée du parking a survécu à ces heures
qui furent pour certains une nuit d'amour
et pour d'autres, les yeux rivés aux carreaux,
une nuit d'une beauté glaciale, avec l'éclat
d'un ciel craquant d'étoiles, et ni les amants
ni les dévots des astres n'ont porté atteinte
à l'ordre secret du monde. Ai-je fait
le rêve qui justifierait mon sommeil?




Paul De Roux, Paysage en cours, Atelier La Feugraie, 2000






Par sophie - Publié dans : P XXè - Paul de Roux - Communauté : Poé-vie
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Samedi 22 décembre 2007 6 22 /12 /Déc /2007 16:46
undefined

Elle est venue la nuit de plus loin que la nuit
à pas de vent de loup de fougère et de menthe
voleuse de parfum impure fausse nuit
fille aux cheveux d'écume issue de l'eau dormante

Après l'aube la nuit tisseuse de chansons
s'endort d'un sommeil lourd d'astres et de méduses
et les jambes mêlées aux fuseaux des saisons
veille sur le repos des étoiles confuses

Sa main laisse glisser les constellations
le sable fabuleux des mondes solitaires
la poussière de Dieu et de sa création
la semence de feu qui féconde les terres

Mais elle vient la nuit de plus loin que la nuit
à pas de vent de mer de feu de loup de piège
bergère sans troupeaux glaneuse sans épis
aveugle aux lèvres d'or qui marche sur la neige.


Claude Roy, in L'enfance de l'Art, édition  Fontaine, 1942


                              Repoduction: Les cabines, Ernest Pignon-Ernest

Par sophie - Publié dans : P XXè - C Roy - Communauté : Poé-vie
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires

Présentation

Recherche

Recommander

Calendrier

Février 2012
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29        
<< < > >>

Communautés

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés