La grand-mère - Nerval

Publié le par sophie


  Voici trois ans qu’est morte ma grand-mère,
— La bonne femme, — et, quand on l’enterra, Parents, amis, tout le monde pleura D’une douleur bien vraie et bien amère. Moi seul j’errais dans la maison, surpris Plus que chagrin ; et, comme j’étais proche De son cercueil, — quelqu’un me fit reproche De voir cela sans larmes et sans cris. Douleur bruyante est bien vite passée : Depuis trois ans, d’autres émotions, Des biens, des maux, — des révolutions, — Ont dans les cœurs sa mémoire effacée. Moi seul j’y songe, et la pleure souvent ; Depuis trois ans, par le temps prenant force Ainsi qu’un nom gravé dans une écorce, Son souvenir se creuse plus avant ! Nerval

Publié dans P. XIXè - Nerval

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