Après trois ans- Verlaine

Publié le par sophie



Ayant poussé la porte étroite qui chancelle,
Je me suis promené dans le petit jardin
Qu'éclairait doucement le soleil du matin,
Pailletant chaque fleur d'une humide étincelle.

Rien n'a changé. J'ai tout revu : l'humble tonnelle
De vigne folle avec les chaises de rotin...
Le jet d'eau fait toujours son murmure argentin
Et le vieux tremble sa plainte sempiternelle.

Les roses comme avant palpitent; comme avant,
Les grands lys orgueilleux se balancent au vent,
Chaque alouette qui va et vient m'est connue.

Même j'ai retrouvé debout la Velléda,
Dont le plâtre s'écaille au bout de l'avenue,
- Grêle, parmi l'odeur fade du réséda.


 Verlaine, in Poèmes Saturniens


Publié dans P. XIXè - Verlaine

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hélène 25/07/2008 16:57

Devant l’écran, la chaleur étouffante, et des trucs plein la tête, j’ouvre cette fenêtre sur ce jardin frais et serein. Quel bonheur…
Merci pour ces jolies choses

L'Enchanteur 25/07/2008 08:40

Verlaine est un très grand poète... merci de nous faire replonger dans son univers avec un choix judicieux.