Le 09/08/08: décès de Mahmoud Darwich

Publié le par sophie



Dépose ici et maintenant la tombe que tu portes
et donne à ta vie une autre chance
de restaurer le récit.
Toutes les amours ne sont pas trépas,
ni la terre, migration chronique.
Une occasion pourrait se présenter, tu oublieras
la brûlure du miel ancien.
Tu pourrais, sans le savoir, être amoureux
d’une jeune fille qui t’aime
ou ne t’aime pas, sans savoir pourquoi
elle t’aime ou ne t’aime pas.
Adossé à un escalier, tu pourrais
te sentir un autre dans les dualités.
Sors donc de ton moi vers un autre toi,
de tes visions vers tes pas,
et élève ton pont
car le non-lieu est le piège
et les moustiques sur la haie irritent ton dos,
qui pourraient te rappeler la vie !
Vis, que la vie t’entraîne
à la vie,
pense un peu moins aux femmes
et dépose
ici
et maintenant
la tombe que tu portes !


Mahmoud Darwich, in Ne t’excuse pas, (Lä ta’tadhir’ammâ fa’alta), Editions Sinbad/ Actes sud, 2006



Publié dans P. Moyen Orient

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n_o_m 10/08/2008 11:05

Enfante-moi... enfante-moi,
Pour que je sache en quelle terre je mourrai
Et en quelle terre je ressusciterai
Paix sur toi qui prépare le feu du matin,
Paix sur toi, paix sur toi,
N'est-il pas venu le temps de t'offrir quelque présent,
Le temps de revenir à toi ?
Mahmoud Darwich - Quand les hommes pleurent