Si nous le voulons - M. Darwich

Publié le par sophie


Nous serons un peuple, si nous le voulons, lorsque nous saurons que nous ne sommes pas des anges et que le mal n'est pas l'apanage des autres.
Nous serons un peuple lorsque nous ne dirons pas une prière d'actions de grâce à la patrie sacrée chaque fois que le pauvre aura trouvé de quoi dîner.
Nous serons un peuple lorsque nous insulterons le sultan et le chambellan du sultan, sans être jugés.
Nous serons un peuple lorsque le poète pourra faire une description érotique du ventre de la danseuse.
Nous serons un peuple lorsque nous oublierons ce que nous dit la tribu..., que l'individu s'attachera aux petits détails.
Nous serons un peuple lorsque l'écrivain regardera les étoiles sans dire: notre patrie est encore plus élevée... et plus belle!
Nous serons un peuple lorsque la police des moeurs protégera la prostitué et la femme adultère contre les bastonnades dans les rues.
Nous serons un peuple lorsque le Palestinien ne se souviendra de son drapeau que sur les stades, dans les concours de beauté et lors des commémorations de la Nakba. Seulement.
Nous serons un peuple lorsque le chanteur sera autorisé à psamoldier un verset de la sourate du rahmân dans un mariage mixte.
Nous serons un peuple lorsque nous respecterons la justesse et que nous respecterons l'erreur.

  M. Darwich, à paraître en 2009 à Actes Sud, exclusivité L'Humanité 11/08/08

Publié dans P. Moyen Orient

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n_o_m 12/08/2008 09:54

Voir, vouloir, pouvoir

Je tiens ouverts mes yeux hagards.
Je ne te vois, ni ne te sens.
Il n’y a là que le brouillard.

Mon regard ne l'éclaire pas,
Ma main ne l’écarte pas,
Ma volonté ne le dissipe pas.

A quoi donc me sert le regard ?
Inutiles la main et les doigts.
Et la volonté, illusoire.

Les yeux fermés, je peux te voir
Tu es là, tu es à mon côté.
Tu es gravée dans ma mémoire.

Caliban in "Chants d'amour et de mort"