Découverte chez une jeune fille - Brecht

Publié le par sophie


Ce matin-là sobres adieux à une femme
Debout calme à sa porte sous mon regard tranquille.
Or je vis à son front q'une mèche était grise
Et soudain je ne pus me résoudre à partir.

Muet, je pris ses seins, et lorsqu'elle demanda
Pourquoi,hôte d'un soir, je ne repartais plus
au terme de la nuit comme il était prévu,
Je la regardai dans les yeux et je lui dis:

"Ne serait-ce qu'un soir, je veux rester encore.
Mais profite du temps, car c'est chose terrible
D'être comme tu l'es debout à une porte.

Et nous allon parler plus vite que naguère,
Nous gardant d'oublier que ton temps est compté."
Et de désir j'avais la voix qui s'étranglait.

Bertolt Brecht, Poèmes, Traduction par Bernard Lortholary

Publié dans Poésie - L Allemande

Commenter cet article

fRAN9OIS LAJUZAN 18/10/2008 19:32

Merci Sophie pour tous ces textes. Je livre ici quelques phrases extraites de "La montagne de l'âme", de Gao Xingjian. Ici personne ne sera d'accord avec ce qu'il fait dire à son héros... mais il y a matière à réfléchir !
"Je me demande si nous sommes encore dans une époque de poésie. Tout ce qui doit être chanté et crié l'a été, le reste a été composé et imprimé avec de lourds caractères de plomb, et on appelle cela le signifiant."
A bientôt
François