Second degré

Publié le par sophie

 

Hier, de garde, j’étais pour mon anniversaire

Et le pressentiment d’une nuit de galère.

 

Quand la concentration sanguine en CO2

Devient plus élevée que celle de l’O2

 

Chez la moitié des patients du service,

Le médecin s’inquiète en guettant les prémices.

 

En réanimation, Ô Chance ! Sont présents

IDE, ASH en nombre suffisant.

 

Dix-huit heures, premier bip, la tournée des popotes

Commence  aux urgences où un p’tit vieux radote.

 

Naufragés des brancards, se suivent en alternance

Des vieillards édentés et qui sentent le rance

 

Et puis des psychotiques qui ont en une prise

Avalés tous les cachets du mois.

                                                               Surprise !

 

L’un d’entre eux se trouve dans un coma profond

Et nécessite en urgence une intubation.

 

Transfert au déchocage, célocurine après

Le propofol, le tuyau vite dans la trachée,

 

Voilà cette affaire bien rondement menée.

Reste cette mamie qui fait un OAP,

 

Elle va nous suivre aussi pour de la VNI

Pour ce qui nous semble être sa dernière nuit.

 

A deux heures, téléphone : vite, le onze va mal !

Cette hypoxie brutale ne paraît  pas normale !

 

L’auscultation retrouve un murmure poumon gauche

Bien plus faible : avant que la mort ne le fauche

 

J’ai le temps d’exsuffler ce qui semble bien être

Un pneumothorax. Ce soir donc pas de prêtre

 

Pour lui. Et ce matin, il était bien en vie…

Jusqu’à ma prochaine  garde de vendredi !

 

Un an de plus pour moi, un jour de plus pour lui,

La vie se contente  d’accorder des sursis.

Publié dans Poésie personnelle

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