Le mandat impératif - Rousseau

Publié le par sophie

 

La souveraineté ne peut être représentée, par la même raison qu'elle ne peut être aliénée; elle consiste essentiellement dans la volonté générale, et la volonté ne se représente point (....) Les députés du peuple ne sont ni ne peuvent être ses représentants, ils ne sont que ses commissaires; ils ne peuvent rien conclure définitivement. Toute loi que le peuple n'a pas ratifié est nulle (...) Le peuple anglais pense être libre; il se trompe fort, il ne l'est que durant l'élection des membres du parlement; sitôt qu'ils sont élus, il est esclave, il n'est rien (...) A l'instant qu'un peuple se donne des représentants, il n'est plus libre, il n'est plus.

Rousseau, Le Contrat Social, Livre III, Chapitre 15

Publié dans Politique

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cured-parano 25/01/2009 20:55

Tout de même, cette histoire finit très mal, en forme de pure paranoïa, pour ne parler que de Rousseau. Et comme je suis un mauvais esprit, j'en aperçois les premiers signes dans l' "impératif" dudit mandat.

Rousseau, première promenade:
"Me voici donc seul sur la terre, n'ayant plus de frère, de prochain, d'ami, de société que moi-même. Le plus sociable et le plus aimant des humains en a été proscrit. Par un accord unanime ils ont cherché dans les raffinements de leur haine quel tourment pouvait être le plus cruel à mon âme sensible, et ils ont brisé violemment tous les liens qui m'attachaient à eux. J'aurais aimé les hommes en dépit d'eux-mêmes. Ils n'ont pu qu'en cessant de l'être se dérober à mon affection. Les voilà donc étrangers, inconnus, nuls enfin pour moi puisqu'ils l'ont voulu. Mais moi, détaché d'eux et de tout, que suis-je moi-même ? Voilà ce qui me reste à chercher. Malheureusement cette recherche doit être précédée d'un coup d'œil sur ma position. C'est une idée par laquelle il faut nécessairement que je passe pour arriver d'eux à moi..."
http://fr.wikisource.org/wiki/Les_R%C3%AAveries_du_promeneur_solitaire