Capitale de la douleur - Eluard et Godard

Publié le par sophie



Ta voix, tes yeux...
Tes mains, tes lèvres...
Nos silences, nos paroles...
La lumière qui s'en va...
La lumière qui revient.
Un seul sourire pour nous deux.
Par besoin de savoir,
J'ai vu la nuit créer le jour sans que nous changions d'apparence.
O bien aimé de tous,
Et bien aimé d'un seul...
Au silence de ta bouche
A promis d'être heureuse.
De loin en loin est la haine;
De proche en proche est l'amour.
Par la caresse,
Nous sortons de notre enfance.
Je vois de mieux en mieux la forme humaine
Comme un dialogue d'amoureux,
Le coeur n'a qu'une seule bouche.
Toutes les choses au hasard,
Tous les mots dits sans y penser
Les sentiments à la dérive
Les hommes tournent dans la ville.
Le regard, la parole
Et le fait que je t'aime.
Tout est en mouvement.
Il suffit d'avancer pour vivre,
D'aller droit devant soi,Vers tous ceux que l'on aime
J'allais vers toi, j'allais sans fin vers la lumière.
Si tu souris, c'est pour mieux m'envahir
Les rayons de tes bras entrouvaient le brouillard...


          Eluard, Capitale de la douleur

Publié dans P XXè - Surréalisme

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