Dimanche 27 septembre 2009


Elis, quand le merle appelle dans la noire forêt,
C'est là ton déclin.
Tes lèvres boivent la fraîcheur de la source bleue des rochers.

Laisse, quand de ton front saignent en silence
Des légendes immémoriales
Et le présage obscur du vol des oiseaux.

Tu vas, toi, d'un pas lisse vers la nuit
Toute chargée de raisins pourpres,
Et tu bouges les bras plus beaux dans le bleu.

Un buisson d'épines sonne,
Où sont tes yeux de lune.
Ô il y a si longtemps, Elis, que tu es mort.

Ton corps est une hyacinthe
Dans laquelle un moine plonge ses doigts de cire.
Une caverne noire est notre mutisme,

D'où sort parfois une bête douce
Et abaisse lentement ses paupières lourdes.
Sur tes tempes goutte de la rosée noire,

Le dernier or d'étoiles déchues.

G Trakl, in Sébastien en rêve, Poésie Gallimard

Par sophie - Publié dans : Poésie - Communauté : Poé-vie
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