Pobres muchachos - Pablo Neruda

Publié le par sophie

Cómo cuestas en esie planeta
amarnos con tranquilidad:
todo el mundo mira las sábanas,
todos molestan a tu amor.


Y se cuentan cosas terribles
de un hombre y de una mujer
que después de muchos trajines
y muchas consideraciones
hacen algo insustiible,
se acuestan en una sola cama.


Yo me pregunto si las ranas
se vigilan y se estornudan,
si se susurran en las charcas
contra las ranas ilegales,
contra el placer de los batracios.
Yo me pregunto si los pájaros
tienen pájaros enemigos
y si el toro escucha a los bueyes
antes de verse con la vaca.


Ya los caminos tienen ojos,
los parques tienen policia,
son sigilosos los hoteles,
las ventanas anotan nombres,
se embarcan tropas y cañones
decididos contra el amor,
trabajan incesantemente
las gargantas y las orejas,
y un muchacho con su muchacha
se obligaron a florecer
volando en una bicicleta.


Pablo Neruda

Comme il te faut payer sur cette planète
pour nous aimer en toute tranquillité
tout le monde examine les draps,
tous se préoccupent de ton amour.


Et se racontent des choses terribles
au sujet d'un homme et d'une femme
qui après maintes tergiversations
et maintes considérations
font quelque chose d'unique,
ils se couchent dans un seul lit.


Je me demande si les grenouilles
se surveillent et s'éternuent au nez,
si elles se font des messes basses dans les mares
contre les grenouilles illégitimes,
contre le plaisir des batraciens
Je me demande si les oiseaux
ont des oiseaux ennemis
et si le taureau prête l'oreille aux boeufs
avant de rencontrer la vache.


Déjà les routes ont des yeux,
les parcs ont leur police,
leurs secrets les hôtels,
les fenêtres enregistrent les noms,
s'embarquent troupes et canons
déterminés contre l'amour,
travaillent inlassablement
les gorges et les oreilles,
et un garçon et sa petite amie
se mettent à fleurir
en volant sur une bicyclette.

Traduit par: Gilles de Seze

Publié dans Poésie - L Espagnole

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