Top articles
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Tous prisonniers - A. Robin
Tous les vivants en rang (plus ou moins en rang) Fusils derrière, fusils devant. Plus le droit de vivre de la rivière! On a mis sous séquestre les prairies; On demande de marcher affamé dans la poussière, On est traîné. On donnera plus tard D'autres villages,...
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Le citadin - J. Tardieu
Avancez! Reculez! Arrêtez! - Des ordres chuchotés haletants à l'oreille. Obéis! (Capitaines cachés dans la faim et la soif) Fuis! Montre-toi! Un salut! Signe, tais-toi, réponds, prends garde! Que d'ordres venus de partout! Le soleil? - La main sur les...
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Manifeste des neufs intellectuels antillais
Martinique – Guadeloupe – Guyane – Réunion MANIFESTE POUR LES « PRODUITS » DE HAUTE NECESSITE. Au moment où le maître, le colonisateur proclament « il n’y a jamais eu de peuple ici », le peuple qui manque est un devenir, il s’invente, dans les bidonvilles...
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A propos des Allemands - L'éclatante victoire de Sarrebrück - Rimbaud
"Oui, le peuple allemand paiera cher sa victoire. Les imbéciles! Derrière leurs aigres trompettes et leurs plats tambours, ils s'en retournent dans leur pays manger des saucisses, et ils croient que c'est fini. Mais attends un peu! Les voilà maintenant...
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Ce corps qui fut un rire -Tahar Ben Jelloun
Ce corps qui fut un rire brûle à présent. Cendres emportées par le vent jusqu’au fleuve et l’eau les reçoit comme les restes de larmes heureuses. Cendres d’une mémoire où perle une petite vie bien simple, une vie sans histoire, avec un jardin, une fontaine...
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Où se pose ta main - JP Raîche
Où se pose ta main, la vie n'est plus la même et je ne suis qu'à toi, où se pose ta main. Car le voyage a fait de toi mon origine. * Toi qui gardes ces mots qui ne servaient à rien pour les recoudre aux flancs de notre vie, tu as porté le cri du frère...
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To a child dancing in the wind - W.B. Yeats
Dance there upon the shore; What need have you to care For wind or water's roar? And tumble out your hair That the salt drops have wet; Being young you have not known The fool's triumph, nor yet Love lost as soon as won, Nor the best labourer dead And...
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Leur écologie et la nôtre - André Gorz 1974
Evoquer l'écologie, c'est comme parler du suffrage universel et du repos du dimanche: dans un premier temps, tous les bourgeois et tous les partisans de l'ordre vous disent que vous voulez leur ruine, le triomphe de l'anarchie et de l'obscurantisme. Puis,...
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Les collines matricielles, K. White
Mes poèmes ne sont pas des "poèmes de la nature", mais des poèmes de la terre. La "nature" est trop humanisée. La terre est toujours une force nue, et le sera toujours. Les poètes sont de la terre dans le noir et dans la lumière. Il y a une expression...
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Fable des fous - Gyorgy Somlyo
Dans les cellules capitonnées des corps de femmes Nous sommes continuellement Jetés d'un mur à l'autre Quelle est la camisole de force la plus torturante Sur nous Le désir qui crispe la chair - En nous Ou l'interdit qui pétrifie - Du dehors G Somlyo,...
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Vomi soit qui malle y pense (2)- Gérard Lefort
Derrière le frigo, dans une profonde cavité du mur, sans doute une ancienne porte aveuglée, le Poulpe vit. D'autres flingues en effet mais aussi une dizaine de fusils d'assaut, cinq mitraillettes reliées entre elles par une ficelle glissée dans les gâchettes,...
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Les labyrinthes du moi: le songe de Narcisse - Comte-Sponville
On peut partir de Narcisse. D'ailleurs, de quoi partirait-on? Il faut partir de soi, faute de mieux. Narcisse est notre "soi" à tous - plus beau sans doute, mais qu'importe? Il n'y a pas toujours de miroir. On se trompe sur Narcisse. Sa faiblesse n'est...
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Idylle - Paul de Roux
Avant que la ville sorte de l'ombre, alors qu'il suffit d'éteindre la lampe non pas pour rejoindre une ville plus obscure mais le crépuscule de l'aube, entendre au loin le train que l'on n'a pas pris comme le fantôme de la vie que l'on n'a pas vécue et...
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Leurs yeux toujours purs - Eluard
Jours de lenteur, jours de pluie, Jours de miroirs brisés et d'aiguilles perdues, Jours de paupières closes à l'horizon des mers, D'heures toutes semblables , jours de captivité, Mon esprit qui brillait encore sur les feuilles Et les fleurs , mon esprit...
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Chambre d'hiver - René Guy Cadou
Des milles chambres où j'ai vécu La plus belle était un violon Le manteau de la cheminée Cachait une âme disparue Sous le vieux cèdre de la lampe Après une longue journée Je m'attardais j'avais des craintes Pour la suite des années Mais soudain la lumière...
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Je ne - A Emaz
visage qui prend place dans la longue suite un plus précis plus près crispé sur sa fin tellement rentré dans son combat que plus rien même les yeux fermés derrière les lunettes longue file de têtes sans mots pas mortes mais au-delà d’un trop dur à dire...
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Deux enfants au soleil - Jean Ferrat
La mer sans arrêt Roulait ses galets Les cheveux défaits Ils se regardaient Dans l'odeur des pins Du sable et du thym Qui baignait la plage Ils se regardaient Tous deux sans parler Comme s'ils buvaient l'eau de leurs visages Et c'était comme si tout recommençait...
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Le bord de la mer - Hugo
HARMODIUS La nuit vient. Vénus brille. L'ÉPÉE Harmodius ! c'est l'heure. LA BORNE DU CHEMIN Le tyran va passer. HARMODIUS J'ai froid, rentrons. UN TOMBEAU Demeure. HARMODIUS Qu'es-tu ? LE TOMBEAU Je suis la tombe. - Exécute ou péris. UN NAVIRE A L'HORIZON...
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La rouille - Maxime Le Forestier
L'habitude nous joue des tours : Nous qui pensions que notre amour Avait une santé de fer. Dès que séchera la rosée, Regarde la rouille posée Sur la médaille et son revers. Elle teinte bien les feuilles d'automne. Elle vient à bout des fusils cachés....
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London - W. Blake
I wander thro' each charter'd street, Near where the charter'd Thames does flow, And mark in every face I meet, Marks of weakness, marks of woe. In every cry of every Man, In every Infant’s cry of fear, In every voice, in every ban, The mind-forg'd manacles...
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I'm your man - Leonard Cohen
If you want a lover I'll do anything you ask me to And if you want another kind of love I'll wear a mask for you If you want a partner Take my hand Or if you want to strike me down in anger Here I stand I'm your man If you want a boxer I will step into...
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Réponse à un acte d'accusation - Victor Hugo
Quand je sortis du collège, du thème, Des vers latins, farouche, espèce d'enfant blême Et grave, au front penchant, aux membres appauvris; Quand, tâchant de comprendre et de juger, j'ouvris Les yeux sur la nature et sur l'art, l'idiome, Peuple et noblesse,...
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La désillusion - Freud
Les peuples sont représentés à peu près par les États qu'ils forment ; les États, par les gouvernements qui les dirigent. Chaque ressortissant d'une na tion peut, avec horreur, constater au cours de cette guerre ce dont il avait déjà une vague intuition...
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Le misanthrope - Molière
Philinte. Je n' ai jamais ouï de vers si bien tournés. Alceste. Morbleu ! ... Oronte. Vous me flattez, et vous croyez peut-être... Philinte. Non, je ne flatte point. Alceste, bas. Et que fais-tu donc, traître ? Oronte. Mais, pour vous, vous savez quel...
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Il est très difficile de réduire à l'obéissance celui qui ne cherche point à commander - Rousseau
Le magistrat ne saurait usurper un pouvoir illégitime sans se faire des créatures auxquelles il est forcé d'en céder quelque partie. D'ailleurs les citoyens ne se laissent opprimer qu'autant qu'entraînés par une aveugle ambition, et regardant plus au-dessous...