Cambouis (2) - Tours - A. Emaz

Publié le par sophie

      Voir ma poésie comme une parole d'aliéné qui se débat, ce n'est pas faux. Mais aliéné social. Une part de mes poèmes témoigne de cette pesée insidieuse silencieuse, mais bien réelle. Le travail, ses conditions, le conditionnement qu'il implique, je les vis et les dis. On pourra s'étonner qu'un prof aille sur ce terrain, si on ne voit guère les contraintes fortes du métier. "Vous avez les vacances pour écrire, etc." Si la situation était tellement enviable, on se bousculerait au portillon pour faire ce métier de rêve, ce n'est pas le cas.
      Ceci posé, le prof n'est pas une figure moderne du héros ou du martyr. Le même constat de peine pourrait être fait pour n'importe quel poste de travail ou presque. Je pars du mien, simplement, de ces moments de fatigue que l'on a tendance à reléguer hors conscience parce qu'on ne doit pas être faible, on ne doit pas avoir peur, on doit toujours pouvoir contrôler, etc.
      Tout ce code qui saute quand on est ému ou faible ou apeuré... Le visage du poème n'est pas le visage social; il présente ce qui reste de figure sous le masque.

Antoine Emaz, Cambouis, Seuil




Tours, 24.09.01


"ce soir on va au cinéma"

le jour à jour résiste au pire
il grignote

"mon CES cesse le 28 novembre"

présent sans épaisseur
et plein

"la vie continue"

on se dégage
l'oeil passe par Toulouse
AZF
on s'éloigne

l'image n'est toujours pas comprise
simplement couverte
par d'autres

lent balai d'essuie-glace

asthme histoire
20 heures

A. Emaz, K.-O., Inventaire/Invention
www.inventaire-invention.com


Publié dans P XXè - A Emaz

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